Groupe ERAM

Flash info

Comité de Groupe 2021

Le Comité de Groupe est une instance de représentation des salariés de l’ensemble du Groupe Eram. Elle permet de faire le point sur la situation globale et les perspectives pour l’entreprise comme pour ses salariés. Cette instance réunit les principaux acteurs de la direction du groupe et les représentants des organisations syndicales. Le jeudi 17 juin 2022, le Comité de Groupe se réunissait à Saint Pierre Montlimart pour sa réunion annuelle.

Comme lors des 3 dernières éditions, une réunion préparatoire animée par M. Gilles ABALLEA a eu lieu le 10 mai, un mois avant la plénière, comme l’avait demandé la CFDT depuis 2 ans. Elle a été l’occasion pour la CFDT de demander des éclaircissements, des précisions, sur la documentation d'informations économiques, financières et sociales du Groupe Eram remise par la direction à la délégation des salariés.

La CFDT a indiqué à la direction qu’il serait souhaitable que la documentation d’informations puisse être envoyée au moins deux semaines avant la réunion préparatoire afin que les partenaires sociaux puissent avoir le temps de préparer d’éventuelles questions.

Par ailleurs, la CFDT regrette que, malgré l’engagement de la direction l’année dernière, la documentation d’informations ne comprenne pas un organigramme juridique du groupe.

Lors de la réunion du Comité de Groupe, la direction était représentée par M. Xavier BIOTTEAU, M. Gilles ABALLEA, Mme Isabelle SAVIANE et M. Guillaume NOEL, les salariés par 23 représentants syndicaux (12 CFTC, 5 CFDT, 3 CFE-CGC et 3 FO). Vous trouverez ci-après les réponses apportées par la direction aux questions qui avaient été posées en amont par la CFDT.

 

PRIME COVID

Lors des NAO ouvertes depuis le début de l’année 2021, la CFDT revendiquait le versement d’une prime à l’ensemble des salariés ayant les salaires les plus modestes. Cette demande avait été reformulée dans nos questions au comité de groupe.

 « Depuis le comité de groupe du 23 septembre dernier le Groupe Eram a dû faire face à l’évolution de la situation sanitaire et aux diverses mesures qui ont été décidées par le président de la République et mises en place par le gouvernement.

Les salariés ont continué à s’adapter à des conditions de travail inédites en présentiel et à un fort développement du télétravail. Ils ont pour beaucoup eu à traverser des périodes d’activité partielle qui n’ont pas été sans conséquence sur leur niveau de vie, principalement pour ceux qui ont les salaires les plus modestes et qui ont eu de longues périodes d’activité partielle. La CFDT espère que les résultats du Groupe en ces temps de reprise complète de l’activité permettront, dans le cadre des NAO encore en cours, de dégager des moyens afin de soutenir ces salariés. »

Lors de la réunion plénière, la direction a indiqué que, l’ensemble des salariés dont le salaire est inférieur à 2600 € brut, soit environ 3600, recevront une prime de 200 €.

La CFDT salue cette décision de la direction et pour cette raison a décidé de signer les accords NAO salaires 2021 dans l’ensemble des sociétés où elle est représentative.

 

TRANSFORMATION DE LA LOGISTIQUE

Par suite des différents projets que démarrent ou en cours de finalisation dans la logistique centre-ville ou Gemo, la CFDT souhaitait interpeler la direction sur les éventuelles mutualisations plus large de la logistique au niveau du groupe et connaître les impacts financiers et sociaux.

« Quel est l’objectif concret que la direction souhaite atteindre ? Dans quelles mesures les mutualisations auront lieu (Gémo et centre-ville) et à quel horizon ? Futur des sites de Melay et Beaulieu ? Ré-internalisation du Web Gemo ? Quel impact sur les emplois ? »

La direction a répondu qu’elle réfléchissait au moyen d’anticiper l’obsolescence des bâtiments avec de nouvelles normes environnementales imposées par la loi qui accélère le calendrier.

La direction indique qu’il n’y a pas à date de projet global arrêté de mutualisation de la logistique. Mais elle a ajouté qu’il y avait actuellement des projets de mutualisation de la logistique centre-ville et l’agrandissement de l’entrepôt de Melay. Il a également été indiqué que, à la suite des projets en cours, la direction se projette sur de nouvelles évolutions et une étude plus large a été lancée avec une entreprise extérieure pour étudier les synergies qui pourraient être mises en place dans les mois à venir. Pour le moment la direction ne peut communiquer sur d’éventuels impacts au sein des différentes sociétés.

Il transparaît des échanges en comité de groupe que la mutualisation inter-enseignes de la logistique semble sur les rails. L’obsolescence des bâtiments et les synergies à trouver vont sans aucun doute avoir des impacts importants sur l’organisation du travail et l’emploi. La CFDT restera attentive à ces évolutions.

 

BAISSE DE L’EMPREINTE CARBONE

Alors que le projet Change for Good est implémenté dans l’ensemble des sociétés, pôles et services, la CFDT souhaitait interroger la direction sur les axes de travail Groupe sur les sujets plus globaux que sont la production et le transport pour respecter l’engagement de -30% d’empreinte carbone d’ici 2030.

« En plus des actions menées dans le cadre du projet Change for Good dans chaque BU, chaque service, pouvez-vous nous communiquer le plan d’action pour parvenir à l’objectif fixé, principalement sur les grands postes que sont la production et le transport ? Quels impacts sur les achats (appros…). »

La direction a profité de cette question pour présenter plus globalement le projet d’entreprise Change for Good. La direction rappelle que ce projet s’appuie sur différents partenariats externes, des experts, pour garantir un niveau d’expertise élevé. Elle s’associe à différents acteurs du secteur du retail afin de mutualiser les efforts et de pouvoir mener des études globales.

Cela passe par une prise en compte des attentes clients (consultation citoyenne avec plus de 100.000 personnes sondées) et également une prise en compte du cadre règlementaire :
 - Loi anti-gaspillage
 - Loi devoir de vigilance
 - Affichage environnemental
 - Loi économie circulaire précisant la responsabilité élargie des producteurs (REP)

La direction a précisé que ce sont les matières premières (48,2%) et la fabrication (26,2%) qui sont les deux premiers postes d‘émission de carbone du groupe (665.000 tonnes par an, soit l’équivalent de l’émission d’une ville de 55.000 personnes, comme Cholet).

La direction a identifié 3 axes d’amélioration :
 - Les matières responsables (écoconception, traçabilité)
 - Le transport (plus de transport aérien, programme FRET 21, taux remplissage des camions)
 - La circularité (réparabilité, remise à neuf, démantèlement, recyclage)

Ces 3 axes permettraient d’atteindre les objectifs pour 2030 :
 - 30% d’offre éco-conçue
 - 100% des fournisseurs challengés sur la démarche compliance
 - 100% de matières renouvelables
 - 50% d’énergie renouvelable
 - Suppression des emballages plastiques à usage unique

La question de la CFDT a été l’occasion pour la direction de présenter au comité de groupe le projet d’entreprise Change for Good. On ne peut que saluer les engagements pris pour un impact environnemental réduit, avec un équilibre à trouver entre le mass market de Gemo et les engagements vers une mode durable.

 

POLITIQUE SALARIALE – EGALITE PRO

La CFDT a demandé à la direction de fournir dans les documents d’informations le rapport interdécile des salaires. Il s’agissait d’avoir une meilleure vision, au niveau groupe, des niveaux de rémunération, des écarts de salaire et également d’avoir une image des écarts entre les hommes et les femmes.

« La parution de l’index d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans les différentes sociétés du Groupe, et des différents items le composant, a permis de pouvoir mettre en évidence des situations qui étaient parfois pointées du doigt depuis de nombreuses années par la CFDT ou de mettre en évidence une situation très satisfaisante dans d’autres sociétés.

Afin d’avoir une vision plus globale de la situation du Groupe, la CFDT souhaiterait qu’il puisse être ajouté aux informations du rapport d’informations le rapport interdécile des salaires (rapport entre le seuil des 10 % des salaires les plus importants et des 10 % les plus bas) et du pourcentage de femmes et hommes dans chacun de ces seuils. »

La direction a jugé que ce critère n’était pas pertinent et ne souhaitait pas le communiquer. Cependant, elle a également indiqué qu’elle était favorable à ce que les données déjà transmises soient complétées mais qu’il était important de ne pas mélanger l’ensemble des salariés et qu’il était plus pertinent de travailler par famille professionnelle.

La CFDT ne partage pas l’opinion de la direction sur la pertinence du rapport interdécile des salaires. En effet, il est vrai qu’avoir les indicateurs par famille professionnelle est pertinent pour voir, par exemple, au sein de chaque famille s’il y a des écarts notables entre hommes et femmes, et également de pouvoir comparer les niveaux de salaires des différentes familles.

Mais le rapport interdécile des salaires permet de voir, au niveau groupe, l’écart entre les salaires les plus hauts et les plus bas, la proportion de femmes dans ces populations, et surtout son évolution dans le temps donne aux partenaires sociaux un vrai indicateur, parmi d’autres, de la politique salariale de l’entreprise.

  

PARTENARIATS ET DIVERSIFICATION

Lors du dernier comité de groupe il avait été évoqué des opportunités de diversification en profitant du savoir-faire de nos sociétés. La CFDT souhaitait avoir plus d’information sur ces projets dont les résultats apparaissaient pour la première fois dans les documents d’informations annuelles.

 « Dans la documentation d’information, nous voyons pour la première fois apparaître dans le récapitulatif du CA un nouveau regroupement DIVERSIFICATION. Où en sont les différents projets de diversification, quelles sont les prochaines étapes de déploiement et les objectifs à terme ?

De même, où en sont les divers projets de partenariat (Total, BIG), quelles sont les prochaines étapes de développement et les objectifs à terme ? »

La direction indique qu’en ce qui concerne la restauration, les tests avec l’enseigne Columbus Café ont été très satisfaisants et que plusieurs autres établissements ont ouvert (5). Une autre enseigne est en cours de déploiement : Pitaya. L’avantage de ces enseignes de restauration est qu’elles nécessitent peu de BFR (besoin de fonds de roulement), contrairement à la chaussure ou au vêtement, et que le groupe peut s’appuyer sur des emplacements premiums à disposition précédemment utilisés par nos enseignes. Elles génèrent un retour rapide sur investissement.

La direction a également mis en avant l’entreprise Oksigen, détenue par le groupe, spécialisée dans l’accompagnement des entreprises pour la transition énergétique. En effet, cette dernière utilise des savoir-faire développés depuis plusieurs années au sein du groupe et le met à profit pour des clients externes.

Pour ce qui est des partenariats, la direction a indiqué que celui avec Total suivait son cours sans se projeter sur un déploiement plus important. Les tests dans le cadre du projet BIG de vente à Intermarché de stock (modèle franchisé) pour les rayons vêtements de cinq magasins ont été excellents et devraient se développer très prochainement. La direction précise également le développement du service Gémo Pro qui démarche des collectivités, associations, prisons, afin d’équiper nos partenaires professionnels des collections Gemo vêtements, chaussures et accessoires.

Il semble que les différents projets de diversification et de partenariat voient leurs phases de test validées et c’est une vraie chance pour l’entreprise de profiter de ses atouts pour développer de nouvelles activités. Comme souligné par la direction, il faudra être attentif à ce que nos organisations de travail puissent s’adapter à ces nouvelles activités.

Comité de Groupe 2020

Le Comité de Groupe est une instance de représentation des salariés de l’ensemble du Groupe Eram. Elle permet de faire le point sur la situation globale et les perspectives pour l’entreprise comme pour ses salariés. Cette instance réunit les principaux acteurs de la direction du groupe et les représentants des organisations syndicales. Le mercredi 30 septembre 2020, le Comité de Groupe se réunissait à Saint Pierre Montlimart pour sa réunion annuelle.

Pour la seconde année consécutive, une réunion préparatoire animée par M. Gilles ABALLEA a eu lieu le 23 septembre. Elle a été l’occasion pour la CFDT de demander des éclaircissements, des précisions, sur la documentation d'informations économiques, financières et sociales du Groupe Eram remise par la direction à la délégation des salariés.

 

La CFDT, comme l’année dernière, a demandé à la direction que ce rendez-vous préparatoire puisse avoir lieu plus tôt avant le Comité de Groupe afin que les échanges et les réponses aux questions des organisations syndicales puissent alimenter nos réflexions et nourrir nos questions au Comité de Groupe.
Par ailleurs, la CFDT regrette que la documentation d’informations ne comprenne pas un organigramme juridique du groupe comme il avait été convenu lors du dernier Comité de Groupe et réitère cette demande.

Lors de la réunion du Comité de Groupe, la direction était représentée par M. Xavier BIOTTEAU, M. Gilles ABALLEA, Mme Isabelle SAVIANE et M. Guillaume NOEL, les salariés par 23 représentants syndicaux (12 CFTC, 5 CFDT, 3 CFE-CGC et 3 FO). Vous trouverez ci-après les réponses apportées par la direction aux questions qui avaient été posées en amont par la CFDT et la réaction de la CFDT suite à cette réunion.

 

PRIME COVID

La CFDT s’interroge sur le choix de versement d’une prime aux seuls salariés de la société Vêtir (magasins Gemo) alors que beaucoup de salariés d’autres activités au sein du groupe ont également eu un investissement sans faille dans cette période particulière.

« La société Vetir a octroyé une prime de 300,00 € aux salariés en première ligne dans les magasins Gemo ayant permis la réouverture des points de vente dès le tout début du déconfinement avec la collection été. Ce geste est à saluer compte tenu de l'engagement des équipes en périphérie qui ont rendu possible la reprise d'activité à un niveau soutenu.

Cet engagement a été tout aussi fort dans les points de vente centre-ville, ainsi qu'en entrepôts et au siège sur les fonctions vitales de l'entreprise. Ces personnels peuvent-ils aussi faire l'objet d'un geste financier en reconnaissance de leur investissement qui s'est révélé sans faille et dont le Groupe mesure actuellement les résultats sur les ventes et la trésorerie ? »

La direction a indiqué que cette prime aux salariés de Vêtir était une décision spécifique de cette société et que les différentes unités du groupe sont souveraines sur ce type de mesure. Elle a également indiqué qu’il s’agissait de spécifiquement remercier ces salariés qui ont eu des conditions de reprise particulièrement difficiles, avec des difficultés vraiment supplémentaires comparativement aux autres salariés du groupe.

 

MUTUALISATION DE LA LOGISTIQUE

La CFDT souhaitait interpeler la direction sur la mutualisation de la logistique centre-ville, amorcée avec la fusion de trois sociétés dans le Maine-et-Loire, et pour faire suite, entre autres, à l’évolution du parc de magasins du groupe.

« La situation géographique rapprochée entre points de vente des différentes enseignes centre-ville fait penser à des moyens mutualisés de livraisons d'approvisionnement pour limiter l'empreinte carbone de l'activité logistique et également limiter les coûts. Des sujets sont-ils à l'étude entre enseignes du Groupe sur ce périmètre logistique ? Des études sont-elles engagées sur les outils SI de ce périmètre d'activité et leur homogénéisation ? »

La direction a répondu qu’effectivement ces sujets sont à l’étude car il s’agit d’enjeux financiers et d’empreinte carbone également. D’ores et déjà, il y a un pôle logistique commun aux enseignes Bocage, Mellow Yellow et Eram. Pour répondre, entre autres, à la problématique de l’accès en centre-ville, un projet est en cours pour travailler avec un seul prestataire logistique sur chaque région pour la gestion des derniers kilomètres. Une étude démarre également sur une mutualisation avec la logistique Gemo.

 

ACCORD DE PERFORMANCE COLLECTIVE

Compte tenu des actualités qui ont marqué notre secteur d’activité depuis quelques mois, et tenant compte des projets de réduction d’effectifs qui existent dans de multiples entreprises, la CFDT a interrogé la direction sur les éventuels risques que de telles procédures soient engagées au sein du Groupe Eram dans les mois à venir.

« L’actualité économique nationale fait état de très nombreuses entreprises en difficulté mettant en place des Accords de Performance Collective. Le Groupe se trouve-t-il dans une situation financière et économique suffisamment sereine pour lui éviter d'envisager ce type d'accord souvent pénalisant pour les conditions d'activité des salariés ? »

La direction a confirmé ce qui avait pu être vu lors de la réunion préparatoire en indiquant que le groupe était dans une situation où de telles mesures ne sont pas du tout à craindre et que si la situation sanitaire se dégradait il y aurait toujours la possibilité de faire appel au dispositif de chômage partiel.

 

POLITIQUE RH CHEZ GEMO

La CFDT au sein des sociétés Gemo (Services, Logistique et Vêtir) tente d’agir depuis plusieurs années, par le dialogue social, pour donner suite à des retours de plus en plus nombreux de salariés dans une grande détresse. Les élus et mandatés ne peuvent que regretter l’impasse dans laquelle ils se trouvent face à leur interlocuteur, la Direction des Ressources Humaines (DRH).

Cette interpellation de la direction en Comité de Groupe, rédigée avant même la tentative de suicide d’un élu au sein des locaux de l’entreprise à la suite d’un entretien avec sa DRH, est destinée à créer une prise de conscience de la direction du groupe sur cette situation anormale.

« Depuis plusieurs années déjà, nous faisons le constat saillant et récurrent au sein de certaines entités du groupe, concentrées chez Gemo, de situations d'usure majeure des salariés se traduisant selon les cas par une lassitude/démotivation très forte ou par une saturation/fatigue psychique particulièrement prononcée. Ces situations sont la résultante directe de politiques RH et techniques de management qui y sont pratiquées. Jusqu'à ce jour, le dialogue social au sein des entités Gemo n'a permis aucune amélioration significative. Pourquoi persistez-vous dans ces choix de politiques RH au sein de ces entités ? Pensez-vous réellement qu'elles sont de nature à générer de la performance pour l'entreprise tout en garantissant la santé et la sécurité pour celles et ceux qui y travaillent ? »

La direction a répondu qu’il n’y a aucune politique RH dans le groupe qui ne soit pas propice à la santé des salariés. Elle a également indiqué qu’actuellement tout bouge vite au sein de l’entreprise et que les décisions qui sont prises ont des impacts sur les salariés. Elle a indiqué que le projet Change For Good visait également à équiper les managers pour accompagner les changements.

La CFDT a alors indiqué qu’elle se retrouvait dans les valeurs du groupe qui avaient été énoncées lors de la présentation du projet d’entreprise par M. BIOTTEAU et que c’est justement parce que les diverses situations rencontrées dans plusieurs sociétés du groupe ne correspondent pas à ces valeurs, et que le dialogue social semble impossible dans ces sociétés, qu’elle interpellait la direction du groupe.

La direction a conclu la discussion en indiquant que s’il y avait effectivement un problème chez Gemo, et qu’elle n’avait aucune raison de ne pas croire la CFDT, alors il faudrait le régler et qu’il était normal d’escalader les problèmes au niveau supérieur si la situation était bloquée.

 

INTÉRESSEMENT ET PARTICIPATION

Comme lors des derniers Comités de Groupe, la coordination CFDT est revenue sur le sujet du partage de la réserve de participation et sur celui de la mise en place d’un accord d’intéressement pour l’ensemble des salariés du groupe. Cette dernière revendication a pour but de permettre aux salariés des sociétés de services supports de profiter, le cas échéant, des résultats financiers du groupe comme ça peut être le cas pour les autres salariés.

Pour ce qui est de la participation, et comme le souhaite une très large majorité des salariés, il semble inéquitable de redistribuer la participation en proportion du salaire et non à parts égales.

« Comme les années précédentes, la CFDT propose à la direction de travailler sur deux sujets : l’intéressement Groupe et la modification de la répartition de la réserve spéciale de participation. Si la réduction des écarts entre les salaires les plus élevés et les plus bas à l’aide de ces éventuelles primes, sur des critères spécifiques, étaient alors d’actualité, elle l’est encore plus dans cette période de crise où les salariés aux revenus les plus modestes ont pu être frappés de plein fouet par les périodes, parfois longues, d’activité partielle. »

La direction indique qu’en ce qui concerne la participation, elle la voit comme une partie de la rémunération des salariés et donc qu’elle doit être proportionnelle aux missions, aux responsabilités de chacun. En ce qui concerne un accord d’intéressement groupe, elle n’y est pas opposée mais pense que ce n’est pas le moment car il faudrait être dans une période où un tel accord pourrait porter ses fruits.

 

SUBROGATION

La CFDT a souhaité, pour la première fois, porter au Comité de Groupe une revendication maintes fois exprimée dans diverses sociétés. Elle concerne la subrogation du salaire dans le cas d’arrêt maladie.

« Les salariés cadres du Groupe profitent du régime de subrogation de leur salaire lors des périodes d’arrêt maladie. Pour les salariés non-cadres, le paiement de leurs indemnités journalières par la CPAM peut parfois prendre de très longues semaines, et peut mettre en difficulté financière le salarié concerné. La CFDT souhaiterait que l’ensemble des salariés du Groupe puisse profiter du régime de subrogation. »

La direction indique qu’elle ne peut offrir la subrogation à l’ensemble des salariés sans conduire à la mise en place d’une « usine à gaz » à la RH, au service paie. Par ailleurs, elle tient à indiquer que les services sont très réactifs aux demandes d’avance de trésorerie des salariés dans ce genre de cas et qu’il ne faut surtout pas hésiter non plus à faire appel à l’assistante sociale mise à disposition par le groupe.

 

DIVERSIFICATION

La CFDT a souhaité interroger la direction sur sa vision du groupe dans plusieurs années et d’éventuels projets de diversification, compte tenu des difficultés sur notre secteur d’activité.

« Compte tenu des difficultés que rencontre notre secteur d'activité, nos concurrents, et des mouvements qui s'opèrent sur les tendances de consommation, comment voyez-vous le groupe dans plusieurs années ? Quelle sera la part laissée aux nouvelle activités économiques ? Pouvez-vous nous communiquer un état des lieux des projets de diversification en cours ? »

La direction indique que le monde bouge et qu’elle ne s’interdit rien. Le numérique est très important comme le développement de l’omnicanal. Les axes de travail sont divers : numérique, développement durable (recyclage, 2nde main), rénovation de nos outils cœur de métier, développement de l’activité de l’Ecusson (société immobilière) et diversification (développement de la chaîne Colombus Café par exemple).

 

TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Le projet d’entreprise Change for good intègre un volet important autour de l’impact sur l’environnement et la CFDT a souhaité en savoir plus sur l’accompagnement des salariés à appréhender ces changements sur les divers métiers du groupe.

« Engager l'entreprise dans la transition écologique nécessite la création et le développement de compétences environnementales chez tous les salariés. A ce jour, à notre connaissance, il n'existe aucune démarche de cette nature dans le groupe. Le groupe compte-t-il prochainement mettre en place une démarche de formation "RSE" à destination de tous les salariés ? »

La direction indique rendre compte aux salariés de la politique RSE. Des investissements ont été faits là où il y a le plus d’impact. Des actions de formation ont été mises en place sur l’éco-conception, le cycle de vie produit, le choix des matières, le prix de revient, la démarche design-to-cost.

 

REACTIONS CFDT

Ce Comité de Groupe a été marqué par la présentation du projet d’entreprise faite par M. Xavier BIOTTEAU, projet d’entreprise découlant d’une maxime familiale « Faire le bien et bien le faire » et respectant trois valeurs que sont la simplicité, la responsabilité et l’ouverture d’esprit. L’objectif annoncé est de pérenniser l’entreprise pour la transmettre, rester un groupe familial indépendant en maintenant une entreprise performante, responsable et durable. C’est également la première fois que le Groupe Eram n’est plus présenté par la direction du groupe comme un ensemble d’entités mais comme une seule et même maison.

« Le Groupe Eram, une seule et même maison. »

Lors des réponses aux organisations syndicales, la direction a répondu à une demande de la délégation FO sur la mise en place de droit syndical au niveau groupe en citant ce que prévoyait le code du travail dans le cadre d’un Comité de Groupe. La CFDT a alors réagi en indiquant qu’effectivement actuellement nous travaillions sur ce que prévoit a minima le code du travail mais que ce dernier prévoit également la mise en place d’accords de groupe qui permettent justement de prévoir une représentation syndicale groupe mais également de travailler à un niveau groupe pour des questions relatives à la stratégie de l’entreprise.

La CFDT demande la mise en place d’un dialogue social à l’échelle du groupe sur certains sujets (stratégie d’entreprise, intéressement, participation, Comité de Groupe, …) 

En effet, si pour certaines entités industrielles, une consultation sur la stratégie de l’entreprise est pertinente sur ce périmètre, pour nombre de sociétés du groupe, qui sont finalement des services supports, les représentants du personnel n’ont pas une vision de la stratégie de leur entreprise car elle découle complètement de la stratégie groupe. La CFDT espère qu’il sera possible de faire évoluer les instances de représentation et leurs prérogatives, la représentation syndicale au niveau groupe, en parallèle de l’évolution du projet d’entreprise décrite par M. BIOTTEAU.

La CFDT interpelle à nouveau la direction du groupe sur les pratiques RH et managériales chez Gemo

Dès 2017, la CFDT avait interpellé la direction au Comité de Groupe sur les situations de « stress et mal-être au travail » des salariés en s’appuyant sur une enquête menée auprès des salariés qui avait apporté des remontées de terrain très nombreuses. La direction avait alors répondu ne pas partager le constat de la CFDT et indiqué ne pas avoir été saisie dans les différents CHSCT.

En 2018 l’accompagnement des salariés du Gemo Cholet a démontré les dysfonctionnements au sein de l’entreprise Vêtir que ce soit du côté de la DRH ou des instances représentatives en place, où la CFDT n’est pas présente.

Là où la CFDT est présente, d’abord à Gemo Services, puis, plus récemment à Gemo Logistique Chaussures, les efforts des représentants CFDT pour instaurer un dialogue social de qualité n’a pas pu aboutir. Discrimination syndicale, refus de consultation sur les changements d’organisation de travail, sur les impacts de ces changements sur les salariés, malheureusement nombreux, refus de donner suite à une alerte pour danger grave et imminent, aucune prise en compte des alertes sur la recrudescence des accidents de travail, un taux très important de turn-over et l’augmentation des arrêts de travail.

Pour la CFDT, cette interpellation du Comité de Groupe était l’ultime recours pour tenter de nouer le dialogue au sein de l’entreprise et essayer de travailler, avec la direction, à rétablir des conditions de travail normales pour les salariés. Il semble que cet appel ait été entendu et la CFDT sera attentive à ce que les situations passées ne soient pas niées afin de pouvoir prochainement travailler ensemble à ces problématiques pour les salariés et l’entreprise.

Accord sur la pose de congés payés dans le cadre de l'épidémie de Covid-19

Cette journée marque le terme d'une semaine de discussions relatives à l'accord visant à imposer aux salariés une semaine de congés payés pendant la période de confinement, du 6 au 11 avril 2020.

En dépit de nombreuses réserves émises par la plupart des Délégués et Représentants Syndicaux CFDT, la coordination CFDT Eram a finalement décidé de signer la dernière version de l'accord qui nous a été proposé par la direction.

Plusieurs arguments ont notamment longtemps pesé en défaveur d'une signature de l'accord :
 - Le fait que l’accord soit en grande partie une contrainte de l’administration,

 - Qu’il a pour conséquence de faire supporter au groupe une charge financière supplémentaire alors qu’il réalise un chiffre d’affaires proche de zéro depuis la fermeture des magasins,
 - Que la perte d’une semaine de congés payés n’est pas anodine pour des salariés qui peuvent se trouver confinés dans des situations complètement différentes qu’ils soient parents de jeunes enfants, avec un conjoint en télétravail, soignant, vivant dans un appartement ou dans une maison à la campagne,... et qui pourraient en avoir bien besoin une fois le pic d’activité de la reprise passé et
 - L'absence de contrepartie raisonnable de l'employeur en regard de l'effort consenti par les salariés. Plus largement, nos idées et propositions n'ont pas souvent été prises en considération, comme laisser le choix aux salariés de poser ou non des congés pendant la période pour tenir compte des différences de situation qui existent ; mettre en place un système incitatif plutôt que coercitif pour poser les congés ; utiliser les dispositifs d'exonération de charge mis en place par l'état ; etc.

D'un autre côté, plusieurs arguments ont incité la coordination CFDT Eram à signer cet accord :
 - Sur le fond, nous sommes convaincus que chaque acteur (entreprise, salarié) doit consentir des efforts pour limiter, autant que possible, l'impact économique de la crise pour l'Etat, et donc pour tous les citoyens.

 - La pression de l'administration sur les entreprises est réelle pour que soient posés un maximum de jours de congés avant de valider les dossiers de chômage partiel.
 - Si nous n'avions pas signé cet accord, la direction aurait du imposer sans accord des mesures encore plus dures (pose de 10 jours de RTT, CET, CA ou RECUP) pour répondre aux exigences de la Direccte.
 - Par rapport au projet initial, la CFDT a obtenu un certain nombre d'avancées :
      + la limitation des effets dans le temps au 31 juillet (au lieu du 31 décembre) qui permet de limiter la période pendant laquelle l'employeur dispose d'une flexibilité accrue sur la pose de nos congés.
      + la modification du préambule de l'accord qui mentionne désormais les vraies raisons de l'accord (initialement, il était mentionné que les partenaires sociaux avaient demandé cet accord, et qu'il se justifiait notamment par la volonté de la direction de mieux rémunérer les personnes en chômage partiel et de pérenniser les sociétés).
      +
un premier dialogue constructif en vue de limiter le temps de travail au moment de la reprise d'activité dans des proportions qui ne mettront pas en danger leur santé.

      + nous prenons en considération le fait que la direction affirme sa volonté de ne pas forcer la pose des RTT et CET.

En conclusion, merci à tous les contributeurs à ces discussions prenantes : DS, RS, membres des sections syndicales et la fédération des Services, qui ont nécessité une très forte réactivité depuis une semaine.